Les Gagnants du SBC vous parlent de leur expérience: Jonathan Khouzam

Jonathan Khouzam, gagnant de la première place au niveau régional et de la seconde place au niveau national, 2010-2011.

Que faites-vous actuellement? / What are you doing now?

Je termine présentement mon bac en chimie alimentaire à McGill. Je travaille également sur le développement d’un nouveau produit alimentaire pour le concours du Institute of Food Technologists.

Qu’est-ce qui a motivé votre participation au DBSC? / What motivated you to participate in the SBCC?

Mes coéquipiers et moi ne connaissions pas le DBSC quand nous avons commencé notre expérience, qui était en fait un projet de fin de cégep. C’est seulement le jour de la remise du premier rapport qu’une enseignante d’un autre cours, Mme Ihsan El Imrani, nous a encouragés à participer lorsqu’on a dû faire quelques manipulations dans son laboratoire. Si ma mémoire est bonne, on a terminé notre rapport quelques minutes avant minuit (sans avoir trop compris le lien avec la biotechnologie d’ailleurs). Heureusement on était un peu plus préparés pour la présentation.

Comment avez-vous vécu le processus de compétition? / Describe what the competition process was like for you.

C’était serré dans le temps mais super gratifiant une fois qu’on est arrivés aux présentations. Comme notre laboratoire de cégep n’était pas équipé pour étudier des sorbets, on a dû fabriquer notre instrumentation et développer nos propres protocoles. C’était beaucoup plus parlant que les cours magistraux. Rien ne fonctionnait comme on l’imaginait et notre méthodologie était si bizarre que personne dans le département ne pouvait nous aider. Trouver des solutions (toujours de plus en plus farfelus) à ces problèmes était sans doute ce que j’ai le plus apprécié du processus.

Lors des présentations, les autres étudiants parlaient de phtalates, de bactéries qui dégradent le méthylmercure… Moi j’étais là en train de réviser des diapositives sur les sorbets. Les juges n’ont pas posé de questions à la fin de notre présentation, mais on se doutait qu’ils se demandaient ce qu’on faisait là. On avait de la misère à croire qu’ils voulaient qu’on présente au concours national.

On n’a pas vraiment eu de repos après ça. Chaque version du concours avait une formule un peu différent qui demandait une nouvelle présentation ou nouvelle affiche. Le concours international était particulièrement surprenant : on nous a avertis quelques heures avant la présentation que nous donnerons des présentations de cinq minutes individuellement à chaque juge plutôt. Les étudiantes australiennes et moi avions plutôt préparé un PowerPoint avec un petit discours d’une quinzaine de minutes. Au final c’était beaucoup plus agréable et m’a permis d’ajuster le discours selon le juge, et les commentaires que j’ai reçus étaient généralement plus intéressants puisqu’ils parlaient plus précisément des aspects de notre recherche qui touchaient leur domaine.

Comment votre participation au DBSC vous a-t-elle aidé au-delà du secondaire? / How has your participation helped you beyond high school?

C’est le premier contact que j’ai eu avec le milieu de recherche et m’a confirmé que c’est bel et bien le genre de carrière que je souhaite poursuivre. Je me sens beaucoup plus â l’aise à présenter en milieu scientifique, et je suis beaucoup plus habile à vulgariser mes propos.

Décrivez l’aspect de votre participation au DBSC que vous avez préféré. / Describe your favourite aspect of participating in the SBCC.

C’était très certainement le développement de notre protocole. De tout mon parcours, c’est le seul moment où on a pu étudier un problème de façon multidisciplinaire. À titre d’exemple, on voulait quantifier la texture de notre sorbet. La méthode la plus courante consiste à faire un sondage, ce qui demande un échantillon nettement plus grand et diversifié que notre classe. Finalement, nous avons établi une méthodologie qui consiste à écraser un sorbet dosé d’électrolytes entre deux plaques, émulant ainsi comment on mange un sorbet. Une des plaques est recouverte d’électrodes dans lequel circule un signal qui nous renseigne sur la position du sorbet en fonction du temps. C’est une des rares fois qu’on a touché à de l’instrumentation au niveau de la mécanique et de l’électronique en incorporant des notions d’anatomie et de chimie.

Quels conseils donneriez-vous aux participants de cette année? / What advice do you have for this year’s participants?

L’analyse statistique est très possiblement un des aspects les moins intéressants d’un projet, mais c’est absolument essentiel pour que le projet se tienne. C’est quelque chose qu’on néglige beaucoup dans le milieu scolaire, mais n’ayez pas peur de montrer vos incertitudes : elles sont généralement très bonnes. Un mauvais intervalle de confiance n’est pas une faiblesse en soit, mais une piste pour votre analyse.

Questionnez chaque étape de votre expérience. Pourquoi faites-vous une telle manipulation? Ce n’est jamais « parce que vous je l’ai lu » ou « parce que quelqu’un m’a dit de le faire comme ça ». Pensez aux mécanismes de chaque étape et vous connaitrez mieux les forces et limites de votre méthode.

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